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Passion Vélo / Montagne

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Raid Provence Extrême 2014 : Vers la chaleur de l'enfer...

12 Juin 2014 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Vélo : Objectif RPE 2014

Nous y sommes enfin !!!

Me dis-je au réveil de ce Samedi 7 Juin 2014.

Après ces 6 mois de préparation physique, mentale et logistique, nous arrivons enfin au jour J.

Malgré une mauvaise nuit où j'ai dormi en pointillé, je n'éprouve aucune fatigue. Physiquement, je suis en bonne forme et mentalement, j'ai le mors aux dents. J'ai hâte que le départ soit donné.

Avant le réveil de Gérard et Brigitte, je termine mes derniers préparatifs : Maillot, cuissard, chaussures, casque, gants, bidons remplis. Je vérifie une dernière fois que mes batteries externes, mon GPS et mon téléphone sont tous bien chargés.

Je rejoins ensuite Gérard car nous devons nous rendre au départ afin de récupérer la balise GPS qui sera installée dans la voiture durant la course. Cette balise permettra à l'organisation de contrôler notre progression et de nous signaler une éventuelle erreur de parcours. L'organisation et le fournisseur de ces balises mettent aussi à disposition un lien internet pour que les familles et amis des coureurs puissent les suivre en direct.

Après cet aller-retour, nous prenons notre petit déjeuner et, comme à mon habitude le jour d'une épreuve, j'ai du mal à prendre mon petit déjeuner. Un café, un jus d'oranges, un morceau de gâteau maison préparé par Stéphanie, la propriétaire de la chambre d'hôtes, un peu de pain... Ça passe difficilement mais je le sais, je suis tendu ce matin...

Je ne me mets pas de pression particulière sur cette épreuve mais c'est dans mon caractère. Je suis ainsi avant chaque départ.

Brigitte et Gérard tentent de détendre l'atmosphère avec des blagues sur le parcours, sur notre début de weekend et nos voisins de petit-déjeuner s'en mêlent ainsi que Stéphanie... C'est un moment très agréable et ils atteignent en partie le but : Me faire penser à autre chose durant quelques instants...

Nous avons prévu de nous rendre au départ vers 9h30 car, sur place, nous avons beaucoup de chose à terminer de préparer. Une partie de l'organisation de la voiture est à mettre en place après avoir sorti le vélo de celle-ci.

Je m'habille puis je range la chambre dans laquelle j'ai dormi 2 nuits. Nous réglons notre séjour puis nous mettons en route vers le départ.

Les tous derniers préparatifs

Nous arrivons sur place alors que la catégorie des randonneurs quasi-prête à partir. En effet, la petite dizaine de coureurs de cette catégorie prend le départ une heure avant les Ultra excepté Isabelle Barthe-Franquin qui, malgré qu'elle soit engagée dans la catégorie des Ultras prendra le départ aussi avec une heure d'avance.

Le parking du magasin "La Route du Ventoux" est presque trop petit pour contenir tout ce monde mais c'est un vrai bonheur de voir tout cet affolement des préparatifs de dernière minute.

Il est 10h et les Randonneurs prennent le départ. Nous leur souhaitons une bonne route ainsi qu'à Jean-François, le mari d'Isa et Stevan, second assistant d'Isa.

Après avoir échangé quelques mots avec Vanessa, l'épouse de Pascal Bride, avec Hugues Rico, Patrick François et quelques autres, nous terminons les préparatifs de la voiture et du vélo.

Gonflage des pneus du vélo, vérification des freins, dérailleurs : La machine est prête...

Les caisses, glacières et sacs sont rangés dans la voiture de telle façon que tout soit accessible facilement.

Durant la fin des préparatifs, je mets un peu de musique sur les oreilles afin d'entrer un peu plus dans ma bulle avec tout cet agitation autour de moi...

La course Ultra est une course d'équipe : Assistance + Coureur...

La course Ultra est une course d'équipe : Assistance + Coureur...

Quelques équipes se préparant
Quelques équipes se préparant

Quelques équipes se préparant

Les derniers préparatifs
Les derniers préparatifs
Les derniers préparatifs
Les derniers préparatifs
Les derniers préparatifs

Les derniers préparatifs

La procédure de départ

Comme nous sommes 15 Ultras à partir en même temps et pour des raisons de sécurité, nos assistances ne vont pas nous suivre dès le départ.

Patrick François demande à tous les véhicules d'assistance de prendre le départ environ 5 minutes avant les coureurs. Ils iront se placer dans la montée du Ventoux afin de ne pas créer un embouteillage et risquer des accidents sur la route qui mène de Bédoin à Malaucène.

9h50, les assistances se mettent donc en route... Après une dernière congratulation avec Brigitte et Gérard, ils se prennent le départ à leur tour.

Nous avons convenu qu'ils m'attendront au km 5 de la montée du Ventoux.

Une fois les véhicules partis, nous sommes entre coureurs. Nous échangeons quelques mots. C'est très sympathique mais chacun entre progressivement dans son monde et les échanges sont assez courts.

Hugues Rico vient me voir me sentant probablement un peu tendu et me rassure : "Pas de pression Laurent, pas de chrono. Pour tout le monde même les meilleurs, le but est d'abord de franchir la ligne d'arrivée et, encore plus en Ultra Distance, rien n'est acquis... Bonne course à toi Laurent...".

Merci Hugues pour ces mots réconfortants...

Après la traditionnelle photo du départ, l'organisation nous souhaite prudence et bonne route et...

C'est le départ !!!

C'est parti !!!

Nous sortons du parking et prenons la route en direction de Malaucène... Nous partons groupés. De toute façon, même si le règlement de la course Ultra stipule que nous ne devons pas rouler en peloton, les organisateurs savent bien que dès les premières pentes du Mont Ventoux, chacun prendra son rythme et qu'il n'y aura plus de peloton...

Après avoir échangé quelques mots avec Pascal Bride, je me retrouve bon dernier, Cela n'entame pas mon mental car je l'avais prévu. Il faut voir comment sont affûtés ces coureurs. Je suis grassouillet à côtés de chacun d'entre eux !!!

Mais arrêtons les comparaisons... Chacun vient sur ce type de défi avec son propre objectif, ses forces et faiblesses... Mes faiblesses, je les connais bien : Je ne suis pas grimpeur et je ne supporte pas les grosses chaleurs.

En guise d'apéritif, nous montons le col de la Madeleine dont les pourcentages ne dépassent pas 7,5%. C'est un petit col qui permet de relier Bédoin à Malaucène sur la route du tour du Ventoux. Il est annoncé 6,5km à 2% de moyenne mais en fait, c'est une montée en 3 paliers avec 2 courtes descentes entre ces paliers.

Nous passons devant les falaises d'ocre à la sortie de Bédoin. La route est belle et les 2 belvédères nous offrent de jolies vues sur Bédoin, Caromb ou encore Le Barroux.

Le paysage est vite apprécié et une courte descente m'emmène sur la route de Malaucène où, après un petit coup de cul, la descente se fait rapide et j'entre dans Malaucène. Direction le centre ville, nous passons devant Le domaine de Manon, la propriété de Sylvie Blanc, une amie facebook que j'avais rencontrée en 2012 lors d'un stage vélo dans la région.

L'ascension du Mont Ventoux

Enfin, la pancarte m'indique Le Mont Ventoux à droite. Donc, à droite et c'est partie pour les 21km de l'ascension à 7% de moyenne. Je prévois environ 2h d'effort car je ne souhaite pas me mettre dans le rouge sur cette première difficulté du Raid.

Je le connais ce Ventoux. Je l'ai déjà gravi bien des fois par ses 3 côtés : Bédoin, Malaucène ou encore Sault et mon rêve cycliste est de devenir un fameux "Cinglé du Mont Ventoux" c'est-à-dire, de faire l'ascension du Ventoux par les 3 côtés dans la même journée soient environ 138km et 4700m de dénivelés.

Le premier km est assez tranquille puis les 3 suivants sont plus raides entre 7 et 9%. Ensuite, à partir du 4ème km et jusqu'au km 10 de la montée, c'est assez irrégulier entre 10% parfois et des passages de "faux-plat" à 4 ou 5%. Il faut relancer en permanence pour éviter de passer des braquets trop souples pour la suite.

Au bout de 5 km, j'aperçois Brigitte et Gérard sur le bord de la route. A partir de là, commence leur assistance.

Dans le Ventoux au moment où je rejoins mon assistance...

Dans le Ventoux au moment où je rejoins mon assistance...

Pour éviter que la voiture ne surchauffe, ils vont me passer parfois pour se garer et m'attendre. ce n'est pas trop sur ce début d'épreuve où je vais avoir le plus besoin d'eux.

Les forts pourcentages sont situés entre les km 11 et 14 où la pente ne descend que très rarement en dessous des 10%, je gère mon effort et je vais chercher le peu d'ombre sur le bord droit de la route pour me rafraîchir.

Je double quelques cyclistes au gré de ces forts pourcentages. Les gabarits, l'âge et les montures de ces grimpeurs d'un jour ou de toujours sont très diversifiées : de 7 à 77 ans selon la formule consacrée et en VTT, VTC, vélo couché ou de course. Certains mettront 1h10 tandis que d'autres y passeront la journée ou presque. L'essentiel pour chacun est d'arriver au bout de leur défi du jour. J'aime venir gravir le Ventoux pour cela : y voir de tout...

Je passe la station du Mont Serein et m'engage dans les 6 derniers km de l'ascension. Les pourcentages sont autour de 8-9% et j'entre dans la "dimension Ventoux" avec sa partie rocailleuse et ventée : Il n'est pas surnommé Le Mont Chauve pour rien !!!

La route se fait plus étroite et les voitures plus pressantes. Brigitte et Gérard me suivent jusqu'à 2 km du sommet où je leur demande de se poster au sommet, pour que je puisse récupérer un sandwich et mon coupe-vent pour la descente.

Dans le dernier km de l'ascension du Ventoux par Malaucène...
Dans le dernier km de l'ascension du Ventoux par Malaucène...
Dans le dernier km de l'ascension du Ventoux par Malaucène...
Dans le dernier km de l'ascension du Ventoux par Malaucène...
Dans le dernier km de l'ascension du Ventoux par Malaucène...

Dans le dernier km de l'ascension du Ventoux par Malaucène...

Il est 13h25 environ et j'arrive au sommet.

Mes 2 super compagnons m'attendent avec ce que je leur ai demandé. J'essaie de manger ce sandwich et c'est difficile : j'ai chaud et j'ai du mal à déglutir.

Je mangerai donc un morceau de ma barre de fruits qui semble passer un peu mieux...

L'arrivée au sommet du Ventoux
L'arrivée au sommet du Ventoux
L'arrivée au sommet du Ventoux
L'arrivée au sommet du Ventoux

L'arrivée au sommet du Ventoux

Direction Aurel, le premier point de contrôle

Je me couvre pour les premiers km de la descente, j'attends que la voiture d'assistance vienne derrière moi car il y a énormément de monde au sommet.

Puis, nous attaquons la descente vers Sault. La première partie est commune avec la route vers Bédoin : Ce sont les 6 km entre le sommet et le Chalet Reynard. Mon coupe-vent est bien utile car, ayant bien transpiré sur la montée, je sens la fraîcheur liée à ma vitesse de descente.

Je passe devant le stèle de Tom Simpson, la coureur britannique qui trouva la mort à cet endroit même lors de la 13ème étape entre Marseille et Carpentras le 13 Juillet 1967. Cette étape fut d'ailleurs surnommée "Etape de la soif".

Je fais cette partie de descente avec des pourcentages entre 7 et 10% assez prudemment en évitant les pièges des voitures qui montent et se déportent pour doubler les cyclistes faisant l'ascension par cette route ou encore les cyclistes qui descendent au ralenti. Et oui, il faut penser que lorsqu'on monte un col de montagne en vélo, il va falloir redescendre à un moment donnée. Et 21km de descente, ça n'est pas comme la petite côté du Dimanche matin : il faut faire preuve d'une grande lucidité et ne pas se laisser embarquer par la vitesse.

Passé le Chalet Reynard, je prends sur la gauche en direction de Sault. Les voitures se font plus rares et les cyclistes aussi. En effet, peu de monde font l'ascension par Sault car elles est moins connue et plus longue (26km au lieu des 21km par Bédoin ou Malaucène).

La descente vers Sault
La descente vers Sault

La descente vers Sault

Arrivé à Sault et la petite montée qui mène à l'entrée du village, nous prenons la direction d'Aurel où se situe le premier point de contrôle.

km 63, le point de contrôle d'Aurel, je suis bon dernier. Après un petit échange très sympathique avec les bénévoles de l'organisation et un court ravitaillement, je repars en direction du point de contrôle suivant situé au km 147 à Valensole (04) à 25 km environ après Manosque.

Objectif Valensole, km 147

Nous repartons d'Aurel. Il commence à faire chaud, très chaud. Je le dis souvent et ce n'est pas pour me faire remarquer : J'ai beaucoup de mal avec la grosse chaleur. Dès que la température atteint 30°, je souffre.

Mais je n'ai pas d'état d'âme à avoir car, si je suis ici, c'est que je l'ai voulu. Donc, je me remets dans ma bulle et continue ma route.

Les 25 km qui suivent Aurel jusqu'à 5km de Banon (04) sont un long faux-plat montant. La pente n'est pas importante mais cela monte en permanence. D'ailleurs, nous allons passer de 725m d'altitude à 960m l'air de rien. Pour rendre les choses un peu plus difficiles, un léger vent de Sud chaud et asséchant nous balaie.

Pas grave, je pédale, je bois mais je n'arrive que très peu à m'alimenter. J'ai chaud et je commence à m'arroser.

A partir de Banon, le profil est plutôt descendant la vitesse s'accélère sans pour autant user mes forces. Dans les quelques côtes et montées, j'adopte un rythme assez calme car je sais que la route est encore très longue.

Me servant des conseils de Pascal Bride que j'ai contacté lorsque je me suis engagé sur ce RPE, je ne me fixe à chaque départ d'un point de contrôle que le point suivant.

Nous arrivons à Manosque aux alentours du km 124 à 17h25. La traversée de la ville est compliquée avec toute cette circulation mais cela fait partie de l'épreuve aussi. La chaleur est étouffante et j'ai hâte d'en avoir terminé avec cette traversée.

Nous franchissons les ponts de la Durance et l'autoroute A51 puis prenons la direction de Valensole.

A la sortie d'un rond-point, commence une montée. Dès les premiers mètres de cette montée, je commence à ressentir les premiers effets de la chaleur : Les jambes ne semblent plus avoir de force. Nous sommes au km 127 et il me reste une vongtaine de km avant le prochain point de contrôle. Je décide de m'arrêter sur le bord de la route sur une aire de repos à l'ombre.

Brigitte m'apporte un linge humide pour que je le pose sur ma nuque et la tête. Cela me fait un bien fou. j'ai l'impression que la température de mon corps redescend rapidement. J'essaie de manger à nouveau mais peu de choses passent. un morceau de banane, un petit bout de jambon et de fromage. Mais dès que je retire ce torchon humide de ma tête je remonte en température immédiatement.

Alors je me dis que la nuit va arriver dans quelques heures et que les fortes chaleurs vont se calmer. Ce sera de bon augure pour moi.

Je reprends la route pour Valensole mais cette fois je mets de la musique sur mes oreilles. J'ai besoin de m'isoler et comme la voiture est derrière moi, le risque est plus mesuré. C'est une montée de 11km à 2,5% que j'entame. Je reprends mon rythme habituel mais j'ai toujours aussi chaud.

Je n'ai en tête que d'arriver au point de contrôle n°2.

18h10, nous arrivons au point de contrôle de Valensole km 147 et, à ma grande surprise, je croise un autre concurrent Ultra, le dossard 19.

Les bénévoles m'expliquent qu'il s'est reposé près d'1 heure avant de repartir.Je me dis alors que je suis finalement pas le seul à être en difficulté à cause de cette chaleur.

km 147 : Point de contrôle de Valensole. Un peu de repos...
km 147 : Point de contrôle de Valensole. Un peu de repos...

km 147 : Point de contrôle de Valensole. Un peu de repos...

Le concurrent repart tandis que je prends un peu de repos et essaie à nouveau de manger.

Après 35 minutes de pause environ, je repars. Je suis toujours en surchauffe. Je n'arrive plus à me refroidir même en m'arrosant.

Il est 18h40 et la nuit arrive dans moins de 3h. Je continue à me dire que cela ira mieux avec la fraîcheur.

Au bout de 15km environ, nous doublons le concurrent que j'avais vu lors de mon arrivée à Valensole. Il abandonne et son assistance nous souhaite une bonne route... Cela m'encourage.

Direction les gorges du Verdon

Les montées s’enchaînent et aux km 177, nous arrivons en vue du lac de Sainte Croix. Au détour d'un virage à gauche, une vision exceptionnelle se présente à nous...

Le lac de Sainte-Croix sur la droite en contre-bas avec le pont de la route traversant l'embouchure du Verdon sortant des gorges, les falaises de ces mêmes gorges et là, en face de moi, comme collée sur une partie de la falaise, le village de Moustiers-Sainte-Marie !!! Superbe... Au dessus du village, l'égilse de Moustiers et la fameuse étoile pendue entre 2 pics de la falaise par un câble. La légende raconte qu'un chevalier devant partir aux croisades accrocha cette étoile entre les 2 falaises en l'honneur de sa belle... Une histoire romantique !!!

La trace GPS me fait descendre le long du lac puis tourner à gauche pour entamer la montée vers la Corniche Sublime. Le point de contrôle suivant se trouve à Aiguine au bout de 6,5km de montée depuis le lac.

C'est étonnant mais je me sens bien dans cette montée. Les jambes tournent plutôt bien. Je me dis que c'est normal car la température diminue : Il fait environ 25° et j'ai l'impression d'être un peu mieux.

Km 188, j'arrive à Aiguines et au 3ème point de contrôle.

Aiguine, la grosse alerte...

Comme la nuit avance, j'équipe mon vélo de l'éclairage obligatoire pour le nuit et décide de me changer pour mettre des affaires sèches et un peu plus chaudes pur ce début de nuit. Manchettes, sous-vêtement technique, maillot manches courtes sec et ma chasuble jaune pour être mieux vu de nuit.

Les bénévoles toujours aussi souriants et prévenants, viennent me voir plusieurs fois pour me demander si je vais bien. Je ne comprends pas pourquoi ils me posent cette question autant de fois.

Gérard et Brigitte m'aident a terminer de me changer et je me lève pour repartir.

A ce moment, je suis pris de nausées puis de violents vomissements... Sans vouloir faire le détail, je n'ai jamais été pris de tels vomissements. J'ai l'impression de me vider durant une bonne dizaine de minutes sans pouvoir faire la moindre chose pour l'empêcher !!!

Cela finit par se calmer mais je suis à bout de forces. Obligé de m'asseoir pour récupérer un peu, j'essaie à nouveau de manger un peu car je n'ai plus rien dans l'estomac. Cela passe un peu mieux mais je sens que j'ai perdu beaucoup de forces. Les bénévoles viennent me voir l'un d'entre-eux me dit que j'ai meilleur mine et que, lors de mon arrivée du contrôle, ils étaient inquiets de mon état car j'étais livide. Je comprends mieux pourquoi ils m'ont demandé autant de fois si j'allais bien.

Comme nous sommes arrêtés depuis un très long moment, Patrick François téléphone à Gérard pour lui demander si tout va bien. Il lui explique que je suis malade et que c'est trèz certainement à cause de la chaleur de la journée. Patrick nous demande alors ce que nous comptons faire. Je lui réponds :

Nous continuons !!!

Je sais au fond de moi que les choses sont très compliquées maintenant et qu'il y a de très fortes chances que je ne puisse pas aller au bout. Mais je ne me suis pas préparé durant 6 mois pour m'arrêter là sur un petit coup de chaud.

Après avoir repris quelques forces, j'indique que je reprends la route. Je sais qu'il reste encore 6,5km de montée pour la Corniche Sublime puis cela descend un peu et je pourrai reprendre quelques forces supplémentaires pour continuer. Je monte sur mon vélo après avoir allumé ma lampe arrière et je débute cette partie finale de la montée.

Les jambes tournent toujours bien mais je suis obligé de mettre un braquet plus souple car ce sont les forces qui sont absentes.

La montée vers l'enfer...

Je vais monter ainsi durant un peu plus de 5km. La nuit est tombée et la température est douce.

Mais la chaleur de la journée a fait son effet et, je n'ai plus de force. Je suis obligé de poser pied à terre. J'appuie mon vélo le long de la falaise et je m'assois par terre. Brigitte et Gérard viennent me voir tout de suite et me demandent ce qu'il se passe.

"Ce devient compliqué, là", leur répondis-je.

Gérard vient à mes côtés et me dit : "Si tu veux, tu t'arrêtes à chaque virage. Tu fais comme tu peux et on est là pour toi si tu as besoin...".

Je bois quelques gorgées d'un coca et regarde le bout de la route.

Je dis à Gérard : "Tu vois là-haut ? il doit rester 500m et la route bascule au virage là-bas. Je vais faire la bascule puis on verra ce qu'il se passe".

Il me réponds : "OK. On y va quand tu veux..."

Je me relève difficilement et remonte sur mon vélo.

L'abandon...

Au bout de 200m, je n'y arrive plus. Plus de force tout simplement !!! Plus rien dans les jambes !!!

J'ai juste le temps de retirer mes cales fixant mes chaussures sur les pédales et poser pieds à terre. Je pose à nouveau le vélo contre la falaise puis je m'allonge sur la route.

Je n'ai plus de force et n'arrive même plus à me relever. Gérard vient me voir et me dit :"C'est peut-être bon cette fois Lolo..."

J'ai envie de remonter sur ce vélo et faire les 200m qui me séparent du sommet de la montée. La tête veut reprendre la route mais le corps dit stop...

Je suis épuisé par cette journée si chaude !!!

C'est en sanglots, allongé au milieu de cette route dans la nuit que je dis à Gérard d'appeler Patrick François et l'organisation pour leur annoncer mon abandon...

Il est 22h20 et nous annonçons mon abandon.

Gérard me porte pour m'aider à monter dans la voiture puis va s'occuper de mon vélo qui est rapidement rangé.

Nous nous mettons ensuite en route pour La Palud-sur-Verdon, point de contrôle n°4 afin de rendre la balise GPS. Je suis le 13ème abandon m'ont annoncé les organisateurs...

Il nous faudra ensuite trouver un hôtel pour dormir un peu. Ce sera chose faite vers 2h du matin...

La conclusion du Raid Provence Extrême

Le premier sentiment qui m'a traversé est que je suis un incapable... Incapable de terminer un défi !!!

Puis je me suis dit que je n'ai jamais supporté les grosses chaleurs et que ce ne serait pas aujourd'hui que ça changerait. Peut-être aurais-je du arriver plus tôt pour m'accoutumer ? Est-ce que cela aurait changé les choses ?

Je n'en sais rien et je ne le saurai jamais. Alors je vais considérer cette aventure comme une expérience de plus et ne pas en faire tout un plat de cet abandon...

J'ai eu un coup de chaud et.... point barre...

Mais le mental a tenu et m'a emmené loin physiquement !!!

Je préfère garder en mémoire tous les encouragements que j'ai reçu de vous tous qui m'avez suivi durant ces mois préparation et, pour certains, durant l'épreuve...

Je vais garder en mémoire cette belle histoire d'amitié avec Gérard et Brigitte qui continue et que cette aventure a renforcé encore plus !!!

Alors je n'aurai que ces quelques mots pour conclure :

Merci à vous tous !!!
Merci à Brigitte et Gérard !!!
La vie est belle et contin
ue !!!

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Raid Provence Extrême 2014 : Les préparatifs la veille de l'épreuve

11 Juin 2014 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Vélo : Objectif RPE 2014

Vendredi 6 Juin 2014

Nous sommes arrivés à Bédoin Jeudi dans l'après-midi après 700km de route.

Ce matin, veille du départ, je fais une sortie d'une heure afin de me dégourdir les jambes car la route faite la veille n'aide pas pour les jambes.

C'est une sortie plutôt plate pour la région : Bédoin, Flassan, Moirmoiron, Bédoin, col Madeleine puis demi-tour et retour Bédoin. 28km de vélo en milieu de matinée où la chaleur n'est pas encore à son maximum.

Je constate que la forme est bonne et je n'ai aucun signe de douleur, fatigue ou mal-être.

L'arrivée sur Bédoin
L'arrivée sur Bédoin
L'arrivée sur Bédoin
L'arrivée sur Bédoin
L'arrivée sur Bédoin

L'arrivée sur Bédoin

Vendredi matin : Sortie sur fond de Ventoux...
Vendredi matin : Sortie sur fond de Ventoux...
Vendredi matin : Sortie sur fond de Ventoux...

Vendredi matin : Sortie sur fond de Ventoux...

Avec Brigitte et Gérard, nous déjeunons à Bédoin avant de faire les courses pour nos ravitaillements en solides et liquides. Nous prévoyons beaucoup d'eau car il est prévu une météo quasi caniculaire (plus de 30° degrés).

Je prends ce qui me réussit depuis le début de cette année : Pain de mie, jambon, fromage en tranches, beurre, compotes et surtout mes bananes.
Gérard et Brigitte prennent de leur côté ce dont ils auront besoin.

Les courses faites, nous retrouvons Patrick François, organisateur de ce RPE, afin de récupérer dossards, maillot et le roadbook.

Nous remontons ensuite au gîte pour préparer les caisses de ravitaillement et de dépannage et commencer à charger une partie de la voiture.

Le gîte...
Le gîte...
Le gîte...
Le gîte...
Le gîte...
Le gîte...
Le gîte...

Le gîte...

Nous n'aurons pas trop de temps pour ces préparatifs avant de redescendre pour 18h au briefing d'avant course et faire homologuer le vélo.

Les caisses sont chargées et la glacière est remplie des produits frais.

18h, nous sommes de retour au PC course.

L'homologation du vélo est assez rapide, c'est le patron du magasin "La Route du Ventoux" situé au km 0 de la montée du Ventoux par Bédoin qui se charge du contrôle. Il vérifie les freins, l'éclairage et l'état général du vélo.

Tout est ok pour mon vélo et c'est aussi le cas pour tous les participants du RPE : Nous avons tous conscience qu'une machine en bon état de marche et révisée est primordiale pour la réussite de ce défi.

Le maillot offert à tous les participants du RPE

Le maillot offert à tous les participants du RPE

le PC Course et le briefing de Patrick François
le PC Course et le briefing de Patrick François
le PC Course et le briefing de Patrick François

le PC Course et le briefing de Patrick François

Le briefing débute vers 18h30. Il est présenté par Patrick François, organisateur du RPE et aussi le responsable de la patrouille Eco Cyclo dont je fais partie tout comme Isabelle Barthe-Franquin, seule féminine engagée au Raid Provence Extrême.

Patrick rappelle quelques points du règlement de l'épreuve puis nous explique en détail le roadbook : Certains dangers, les subtilités de la traversée de certaines villes et villages ou encore quelques petites modifications survenues suite à des travaux de dernière heure ou manifestations.

Cette réunion me permet de rencontrer les concurrents et les différentes assistances. J'entre pour la première fois dans ce monde si particulier de la course Ultra. Certains sont équipés comme de vrais professionnels et nous faisons "petits amateurs" à côté d'eux.
Mais aucun de ces coureurs n'est condescendant ou se croit supérieur aux autres.

Comme me disent Hugues Rico ou encore Pascal Bride : "Nous sommes tous logés à la même enseigne Laurent : Rien n'est terminé tant que la ligne n'est pas franchie".

Cela me permet donc de revoir Hugues Rico que j'avais croisé rapidement lors de la cyclosportive La Bisou à Peronnas (01) en Avril dernier et d'échanger un peu plus longuement avec lui.

Je rencontre aussi pour la première fois Pascal Bride et Vanessa, son épouse qui fait partie de son assistance. Pascal est aussi accompagné de ce sourire qui ne le quitte presque jamais.

La rencontre avec Pascal Bride... toujours le sourire...

La rencontre avec Pascal Bride... toujours le sourire...

Patrick annonce que le départ des Ultras est retardé d'une heure par rapport à ce qui était indiqué. Nous allons donc partir Samedi à 11h afin d'éviter aux meilleurs coureurs de franchir la ligne d'arrivée tôt le matin. En effet, il prévoit que les premiers devraient mettre moins de 22h pour parcourir les 580km du parcours.

Cela ne m'arrange pas trop au vue de la chaleur qui est prévue mais tout le monde est logé à la même enseigne et ce n'est plus temps d'avoir ce genre d'état d'âme.

Nous prenons donc tous acte de cette modification d'horaire et nous donnons rendez-vous au lendemain matin.

Avant de remonter au gîte, nous allons dîner dans un restaurant de pâtes en ville.

Le repas du soir...

Le repas du soir...

Après quelques derniers préparatifs sur la voiture, je regagne ma chambre afin de préparer maillots, cuissards et vérifier une dernière fois une partie de mon matériel.

Ensuite, il est temps de se reposer un peu avant le lendemain...

Le prochain article sera consacré au jour de l'épreuve...

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Raid Provence Extreme : Le suivi GPS en direct des coureurs...

4 Juin 2014 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Vélo : Objectif RPE 2014

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Raid Provence Extrême : J - 3... Inspiration...

4 Juin 2014 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Vélo : Objectif RPE 2014, #Inspirations

Durant 6 mois, ce ne fut que plaisir...
En me préparant, faire monter ce désir...

Ventoux et Lure je dois gravir...
Et près de 600 km parcourir...

Raid Provence Extrême je veux finir...
Samedi matin, nous allons partir...

Enfin juste pour m'accomplir...
La ligne d'arrivée, je veux franchir...

L.B

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Raid Provence Extrême 2014 : J - 5... Pour vous qui me suivez et souhaitez me suivre durant l'épreuve...

2 Juin 2014 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Vélo : Objectif RPE 2014

L'objectif

Il reste 5 jours avant le départ de l'épreuve.

Samedi 7 Juin à 10h, je m'élancerai avec 23 autres cyclistes. Nous serons 14 engagés dans la catégorie Ultra dont une féminine, Isabelle Barthe-Franquin, que je connais très bien pour avoir partagé quelques aventures cyclistes et nous retrouvant parfois sous le même maillot de la patrouille EcoCyclo. Nous sommes engagés aux côté de grands noms de la course Ultra Distance comme l'italien Omar Di Felice tout récent détenteur du record de la traversée de l'Italie et les français, Pascal Bride et Hugues Rico.

La catégorie Ultra est portée par un règlement bien spécifique dont le fait d'avoir obligatoirement une assistance et ne pas pouvoir rouler en peloton. En gros, c'est un Contre-La-Montre très longue distance.

Mon objectif n'est clairement pas une place parmi les meilleurs. Il est d'arriver au bout de cette épreuve dans les délais impartis c'est-à-dire avant dimanche 8 Juin 19h. Il s'agit donc pour moi de rallier Saint Remy de Provence en moins de 33 heures.

La préparation est maintenant derrière moi et il ne reste plus que l'objectif devant moi.

Le programme du weekend

Jeudi matin : Départ de région parisienne pour Bédoin.
Jeudi après-midi : installation au gîte et petite sortie d'1h de vélo pour décrassage

Vendredi : Courses pour les ravitaillements, préparation du matériel, repos
Vendredi 18h : Briefing obligatoire par l'organisation, vérification et contrôles des vélos et des véhicules d'assistance.

Samedi 10h : Départ de l'épreuve.

Les points de contrôles sur le parcours

Ils sont au nombre de 8.

km 63 : Aurel
km 147 : Valensole
km 194 : Aiguines
km 249 : La Palud sur Verdon
km 325 : Oraison
km 372 : Sommet de la montagne de Lure
km 448 : Sault
km 511 : Côte de Sainte Anne
km 582 : Arrivée à Saint Remy de Provence

Vous, qui m'avez suivi durant ma préparation

Alors et, avant de commencer à entrer doucement dans ce qui sera mon monde, ma bulle durant ces quelques jours à compter de notre arrivée sur place (Jeudi 5 Juin), je voudrai toutes et tous vous remercier pour avoir suivi de près ou de loin durant ces 6 mois de préparation...

Ma famille, Eric Géhin mon coach, Gérard et Brigitte mes adorables suiveurs durant l'épreuve, mes amis, mes collègues de boulot, mes contacts facebook et tous ceux que je ne connais pas qui sont tombés par hasard sur mon blog, merci à vous tous !!!

J'ai reçu des messages d'encouragement tout au long de ma préparation...

Alors, je vais emmener avec moi tous ces messages et un petit bout de chacun d'entre vous pour me permettre de continuer d'avancer dans les moments difficiles que je connaîtrai certainement.

Le suivi durant l'épreuve

Durant l'épreuve, je ne pourrai pas déposer de nouvelles sur mon blog. Peut-être quelques informations seront diffusées sur mon facebook mais ce n'est pas sûr...

Il n'est pas encore certain que nous puissions avoir un suivi via le site internet du fournisseur des puces GPS. J'attends plus d'informations à ce sujet.

Alors pour celles et ceux qui le souhaitent (certains me l'ont déjà demandé), je vous invite à m'envoyer un mail à laurent.bruynooghe@gmail.com en me laissant votre numéro de téléphone portable ainsi que votre nom afin que je l'ajoute à la liste des destinataires des nouvelles que nous commuiquerons durant l'épreuve par sms... (Pas d'inquiétude, vos numéros ne seront pas utilisés par la suite).

Nous enverrons des nouvelles régulièrement et, dès que nous le pourrons, une estimation de notre heure d'arrivée à Saint Rémy de Provence.

Merci encore à vous tous qui me suivez... Quel bonheur de pouvoir partager cette aventure avec vous...

Merci à vous tous qui me suivez !!!

Merci à vous tous qui me suivez !!!

Ma dernière sortie avec Gérard, mon chef d'assistance pour le RPE
Ma dernière sortie avec Gérard, mon chef d'assistance pour le RPE

Ma dernière sortie avec Gérard, mon chef d'assistance pour le RPE

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