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Passion Vélo / Montagne

Devenir cinglé... du Ventoux...

1 Mars 2016 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Vélo : Retour sur...

La genèse

Le weekend de l'Ascension 2005, nous sommes partis avec 2 copains, Marc et Gérard (et oui Gégé faisait déjà partie d'aventure) au Mont Ventoux pour le gravir par ses 3 routes d'accès en 3 jours : Le vendredi 6 mai 2005 par Malaucène, samedi 7 mai par Bédoin et dimanche 8 mai par Sault.

Pour nous à cette époque, c'était déjà un exploit car ni Gérard, ni moi n'avions fait la moindre ascension de col depuis nos débuts en vélo.

Pour rappel, j'ai débuté le vélo en février 2003 en fort surpoids (92kg pour 1m76).

Les années ont passé, les km se sont enchainés et le Ventoux est resté encré dans nos têtes. Il n'en est jamais sorti.

A vrai dire, nous nous disions durant toutes ces années que ce serait une belle chose de se tenter ce défi appelé "Les cinglés du Ventoux" : Gravir le Mont Ventoux par ces 3 routes d'accès dans la même journée.

J'ai même commandé ma carte de route de ce défi en 2012 mais il est toujours resté sur une étagère près de mes vélos. En passant à côté, cela me rappelait que j'avais toujours ce défi à tenter.

Il me fallait finalement un événement déclencheur...

Le déclencheur

Après une grosse chute lors de ma préparation pour les 24 heures du Mans 2015 où j'ai terminé à l'hôpital, l'épreuve fut très difficile à terminer. Nous finissons à une honorable 10ème place avec mon pote du team Road Rocker (Steff) mais je suis persuadé que si je n'avais pas vécu cette chute, nous aurions été bien meilleurs.

Je voulais donc terminer ma saison de vélo sur route 2015 par une note plus joyeuse. Alors pourquoi ne pas tenter un cinglé du Ventoux au mois de septembre si la météo le permet ?

J'en parle tout naturellement à mon pote Gégé qui répond partant tout de suite. Il ne tentera pas les 3 ascensions dans la même journée car n'a pas les km suffisants.

Le weekend le plus approprié en fonction de nos calendriers et, par chance, de la météo, est celui du 26-27 septembre.

Rendez-vous est donc pris avec Gérard pour un départ en direction de Bedoin vendredi 25 septembre au matin.

La veille

Réservation d'un chalet près du centre ville de Bedoin en poche, nous nous mettons en route ce vendredi 25 septembre au matin.
Le départ se fait de bonne heure afin d'avoir le temps de se dégourdir les jambes car je tente mon défi dès samedi.

Nous avons l'habitude de partir avec Gérard. Du coup, le trajet se passe toujours admirablement bien. Nous refaisons le monde, nous le défaisons, nous parlons de tout et de rien...

Après avoir déjeuné près de Bedoin, nous arrivons à notre camps de base en début d'après-midi...

L'arrivée à Bédoin et notre camp de base...
L'arrivée à Bédoin et notre camp de base...
L'arrivée à Bédoin et notre camp de base...
L'arrivée à Bédoin et notre camp de base...

L'arrivée à Bédoin et notre camp de base...

Après notre installation, nous décidons d'aller faire quelques km en vélo pour nous dégourdir les jambes après plus de 650km de voiture.

Nous faisons environ 13km de vélo en guise de décontraction. Il fait bon dans la région en ce dernier weekend de septembre.

Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...
Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...
Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...
Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...
Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...
Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...
Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...
Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...
Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...

Sortie de décontraction sur fond de Géant de Provence...

Après cette balade, je contacte Sylvie Blanc qui habite la région afin de profiter de notre passage pour passer lui faire un petit coucou.

Je profite souvent de mes passages dans les régions de France pour essayer de voir ne serait-ce que quelques instants les personnes avec lesquelles j'échange sur Facebook.

Nous passons un agréable moment avec Sylvie autour d'un verre de l'amitié...

Retrouvailles avec Sylvie Blanc...
Retrouvailles avec Sylvie Blanc...

Retrouvailles avec Sylvie Blanc...

Le soir, nous trouvons une pizzeria dans Bedoin près de l'Office du Tourisme...
Le menu n'est pas étonnant pour ceux qui me connaissent : Pizza et bière.
C'est un moment toujours aussi sympathique avec Gégé !

Nous rentrons ensuite à notre camp de base avec pour objectif de nous mettre en route le lendemain matin vers 7h30-7h45.

Le parcours

Je décide d'enchainer les montées de façon atypique pour quelqu'un qui tente pour la première fois un cinglé du Ventoux.

Je connais très bien les montées de Malaucène et Bedoin.

Je n'ai monté Sault que 2 fois mais j'avais le souvenir de pourcentages assez faciles jusqu'au Chalet Reynart mais une route sans aucun rendement, erreur de ma part car elle a entièrement été refaite 2 ou 3 ans auparavant.

Malaucène m'a fait toujours mal avec ses pentes irrégulières. C'est donc la raison pour laquelle je vais commencer par ce côté-ci.

Et je veux terminer par Bedoin en guise de cerise sur le gâteau.

L'enchainement est donc le suivant : Malaucène pour souffrir de début, Sault pour me reposer et Bedoin en apothéose.

Avoir choisi Bedoin en dernière ascension a failli me couter cher (nous verrons plus loin).

Gégé ne fera pas les 3 ascensions mais veut en faire au moins une. Nous décidons donc de faire les premiers km ensemble voire la première ascension par Malaucène.

Le départ et les premiers km avec Gégé

Le jour J est arrivé !!!

Nous sommes samedi 26 septembre et la météo est plutôt clémente au réveil.
Je regarde les dernières nouvelles : Un vent de 30 km/h est annoncé au sommet du Ventoux pour la journée avec une température clémente.

Je vais donc pouvoir partir en cuissard court, maillot manches courtes avec manchettes et un coupe-vent pour les descentes.

Nous prenons notre petit déjeuner puis nous préparons tranquillement toujours dans une bonne ambiance.

Notre camp de base se trouvant à Bedoin, nous partons en vélo vers 7h40 de celui-ci et nous dirigeons vers Malaucène par le col de la Madeleine.

C'est une montée douce d'environ 6,5km que nous montons pour nous échauffer. Il fait un peu frais au départ et cette montée nous permet de monter en température.

Arrivés à Malaucène, mon second sport de la journée après le vélo est de trouver un magasin avec un tampon pour être apposé sur ma carte de route avec les heures de passage.
C'est chose faite...

Ma tentative de cinglés du Ventoux peut donc réellement commencer !!!

Nous débutons la première ascension à 8h25...

Départ de Malaucène avec Gégé...

Départ de Malaucène avec Gégé...

Le début de la montée par Malaucène se fait avec Gérard. Nous discutons un peu puis je sens qu'il commence à souffler un peu et à devoir entrer dans sa bulle...

Alors je me mets devant en regardant parfois derrière moi parce que je souhaite l'accompagner.

A bout de 3 km, Gégé me dit de partir et ne pas l'attendre de continuer seul.
Nous décidons que je l'appelle à la fin de ma 2ème ascension pour voir s'il veut m'accompagner sur ma 3ème montée.

Premier sommet

Nous nous souhaitons bon courage mutuellement et je me mets dans mon rythme.

Comme je le disais précédemment, la montée par Malaucène m'a toujours fait souffrir mais là, je décide de prendre un rythme tranquille et ne faire qu'en fonction de mes sensations. C'est une façon de faire qui me réussit très souvent : Pas de sur-régime, pas de cardio trop haut et pas d'affolement si j'ai un coup de moins-bien !!! C'est aussi cde que j'ai appris en faisant un peu de longue distance.

Les rampes à 14% de cette montée passent bien finalement. Il en est de même avec les 6 derniers km depuis le chalet Liotard.
En effet, j'ai confirmation que le vent ne devrait pas être trop violent pour les montées suivantes.

J'atteins mon premier sommet à 10h20 !!!

Arrivé au premier sommet...

Arrivé au premier sommet...

Je fais une pause au sommet pour quelques photos et en attendant que le magasin de souvenirs ouvre pour que je puisse faire tamponner ma carte de route.

Il est vrai que j'aurais pu attendre ma 2ème ascension mais comme il était en train d'ouvrir, je n'ai pas perdu de temps.

Par ailleurs, cela me permettait de faire un pause et profiter du moment.

L'objectif d'une telle tentative n'est pas de battre un record mais d'aller au bout des 3 ascensions.

Après cette pause, je me mets en route pour Sault, ma 2ème étape du jour.

Sault puis second sommet

La descente est très agréable jusqu'au chalet Reynard, il n'y a quasiment pas de vent, peu de cyclistes et peu de voitures La suite est tout aussi délicieuse du fait que la route a été refaite quasiment jusqu'à Sault.

Je trouve en centre ville de Sault un bar me permettant de tamponner ma carte de route et repartir pour ma seconde ascension.

Arrivé à Sault... avant de repartir...

Arrivé à Sault... avant de repartir...

Il est 11h20 lorsque je repars de Sault pour ma deuxième ascension du jours.

Cette ascension est tout simplement une formalité, un plaisir... Les 20 km de montée jusqu'au chalet Reynard pourraient être assimilés à un long faux-plat comparé à Malaucène ou Bedoin mais il reste les 6 km depuis le chalet jusqu'au sommet.

Finalement, ça passe bien et j'atteins mon second sommet à 13h20.

Arrivé au second sommet...
Arrivé au second sommet...
Arrivé au second sommet...
Arrivé au second sommet...
Arrivé au second sommet...
Arrivé au second sommet...
Arrivé au second sommet...
Arrivé au second sommet...

Arrivé au second sommet...

Descente sur Bedoin et pause...

Je m'arrête 3 fois au cours de la descente vers Bedoin pour tenter de joindre Gégé mais le réseau téléphonique manque...

Lorsque je réussis à le joindre, il me dis qu'il vient de se reposer car il est arrivé depuis peu de temps mais il a réussi son ascension du Ventoux par Malaucène...

Chapeau mon Gégé pour ton ascension du Ventoux !!!

Du coup, il ne souhaite pas m'accompagner en vélo pour ma dernière montée mais à ma demande, me rejoindra à Bedoin pour me suivre sur l'ascension.

J'ai demandé à Gégé s'il pouvait me suivre car j'ai ressenti une petite alerte durant les relances en sortie de virage sur la descente : Les jambes semblent ne plus tourner tout à fait pareil et sont un peu lourdes !

Nous nous rejoignons sur le parking se trouvant le long du premier km de la montée à la sortie de Bedoin.

Je fais donc une pause avant de repartir... Je dis à Gégé que je commence à sentir la fatigue et que je pense que je me suis mal alimenté durant les premières heures.

C'est une grosse erreur de ma part qui me servira de leçon pour plus tard.

Mais là, je vais le payer cash ou presque !

Il est 14h20 et je commence ma dernière ascension avec Gérard qui va me suivre, me doubler et m'attendre tous les 2 ou 3 km environ.

Une pause à Bedoin avant de partir pour la dernière montée...
Une pause à Bedoin avant de partir pour la dernière montée...
Une pause à Bedoin avant de partir pour la dernière montée...

Une pause à Bedoin avant de partir pour la dernière montée...

La dernière montée : Le paradis bout de l'enfer...

Après cette pause, il faut donc penser à repartir.

Les 4 premiers km jusqu'au fameux virage du restaurant sont faciles mais les jambes ne tournent plus si bien que les 2 premières ascensions.

C'est d'ailleurs là que je me dis que j'aurais mieux fait de monter par Sault en dernier...

Mais j'ai appris avec le peu d'expérience que j'ai !!! Alors, je prends mon mal en patience en attendant de meilleures sensations.

Mais ces sensations ne viennent pas alors je profite de la présence de Gégé pour passer en mode "léger" et me délester de ma sacoche sous selle, un bidon et vider mes poches dans la voiture.

J'arrive au fameux virage où débute l'enfer de la montée par Bedoin. Je prends chaque coup de pédale comme une étape me rapprochant de mon Graal du jour...

Les pourcentages ne descendent quasiment pas sous les de 10% durant près de 10km jusqu'au Chalet Reynard.

Gérard est adorable avec moi : Il m'encourage lorsqu'il me dépasse en voiture et à chaque fois que je m'arrête à sa hauteur, il me propose de boire ou manger quelque chose.
Nous arrivons ainsi à atteindre le Chalet Reynard vers 16h05.

Dans les pourcentages les plus durs de la montée depuis Bedoin...
Dans les pourcentages les plus durs de la montée depuis Bedoin...

Dans les pourcentages les plus durs de la montée depuis Bedoin...

Je dis à Gérard que nous faisons une pause en terrasse du chalet pour profiter un peu de me reposer au soleil du Ventoux...

Cette pause est salvatrice... 25 minutes d'arrêt en terrasse à discuter de tout et de rien comme toujours... Bref, se changer un peu les idées après ces heures d'effort !!

Pause à Chalet Reynard...

Pause à Chalet Reynard...

Au bout de ces 25 minutes de pause, je repars en disant à Gégé : "Dernière ligne droite... C'est parti !!!"

Je ne poserai plus pied à terre avant le sommet... Hors de question de m'arrêter encore et encore...

Les jambes tournent mieux après cette pause...

Gérard en profite pour prendre quelques photos et m'encourager à chaque passage...

A 1,2 km du sommet, la stèle Simpson est passée et je fais toujours le même signe lorsque je passe... un doigt vers le ciel puis vers sommet !!!

Le vent est faible et le passage du col des Tempêtes est facile...

Il reste la dernière rampe après ce virage en épingle à cheveux et le Graal du jour est atteint !!!

Il est 17h19 et je suis au sommet de ma 3ème montée du Ventoux du jour !!!

Je suis quasiment un cinglé du Ventoux !!!
Il ne me reste plus que la descente à faire mais avant, je me délecte de cette arrivée au sommet...

On se congratule avec Gérard, on rigole et nous discutons avec d'autres cyclistes qui tentaient la même chose ce jour-là (il étaient 3) !!!

Il n'y a plus de fatigue !!!

Depuis le Chalet Reyard jusqu'au sommet...
Depuis le Chalet Reyard jusqu'au sommet...
Depuis le Chalet Reyard jusqu'au sommet...

Depuis le Chalet Reyard jusqu'au sommet...

3ème sommet... Le Graal !!!
3ème sommet... Le Graal !!!

3ème sommet... Le Graal !!!

La descente vers Malaucène, point de départ est obligatoire pour valider la carte de route et les heures de passage...

Mais cette descente est une formalité... simple, facile malgré le fait de devoir rester lucide car c'est une descente rapide où on peut atteindre des vitesses importantes. Ce que je ne fais pas car sans intérêt pour l'objectif du jour...

Nous arrivons à Malaucène à 18h01... Le parcours est donc ainsi bouclé...

Ce Samedi 26 septembre 2015, je deviens donc le 8604ème cinglé du Ventoux dans la confrérie du même nom !!!

Merci Gégé !!!

Quand je dis "Nous arrivons à atteindre...", c'est ensemble avec mon pote Gérard que nous avons atteint cet objectif et le 3ème sommet !!!

A aucun moment, je n'ai eu envie de faire demi-tour mais les encouragements de Gérard et nos échanges sur cette dernière ascension ont été des plus bénéfiques !!!

Merci Gégé pour cette aventure et bravo pour cette belle montée par Malaucène !!!

Merci Gégé !!!

Merci Gégé !!!

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