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Passion Vélo / Montagne

Raid Provence Extrême 2014 : Le tracé

27 Novembre 2013 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Vélo : Objectif RPE 2014

Voici le tracé du Raid Provence Extrême 2014.

620 km et près de 11000m de dénivelé avec pour les plus grosses ascensions le Mont Ventoux par Malaucène et la montagne de Lure.

Au delà de ces 2 difficultés majeures, les paysages y sont grandioses. Le passage de la boucle des gorges du Verdon sera somptueux.

Le départ sera donné de Bédoin, le Samedi 7 Juin 2014 et l'arrivée devra se faire avant 19h le dimanche 8 Juin.

Raid Provence Extrême 2014 : Le tracé
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Petit poème du soir...

26 Novembre 2013 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Inspirations

Sorti d'une réunion assez tard...
Je me suis dit : "Aller tu pars"...

Courir seul dans le noir...
Impression d'aller nulle part...

Et enfin chez moi rentré...
Je peux aller me reposer...

Et ce peu de sport terminé...
Me permet de me zénifier...

Lolo....

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Objectif RPE 2014 : La génèse...

24 Novembre 2013 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Vélo : Objectif RPE 2014

La saison 2012

La saison 2012 ne s'est pas du tout passée comme je pouvais l'espérer.
En effet, 1 an après avoir été redescendu de 1ère catégorie UFOLEP, je souhaitais repasser la vitesse supérieure en intégrant un club fortement représenté en 2ème catégorie afin de prétendre à nouveau aux victoires et podiums.

Malheureusement, rien ne se passe comme je le prévois. 2 grosses chutes en Mars puis en Mai viennent ruiner mes espoirs de résultat sur la saison route.
2 mois d'arrêt passés seul chez moi et les idées fusent.
Les envies changent aussi.

La reprise fut difficile mais je réussis à trouver la motivation pour monter à nouveau sur le vélo et souffrir au Ventoux, à Risoul, Saint Flour, Thann et Annecy.
J’enchaîne des ascensions du Ventoux car je suis en vacances à Bédoin, la Risoul-Queyras, l'étape Sanfloraine et les cimes du lac d'Annecy avec EcoCyclo et la Vosgienne sous les couleurs du CS Brétigny.

Je prends gout pour ces cyclosportives bien que n'ayant aucune chance de faire de podium au scratch ou dans ma caté d'age.

L'hiver 2012-2013 arrive et mes envies continuent à évoluer car, malgré la difficulté de l'effort, j'ai pris beaucoup de plaisir sur ces cyclosportives aux distances bien plus longues que ce que je faisais précédemment...

La saison 2013

Je décide donc au cours de cet hiver 2012-2013 de changer tous mes objectifs et me lance sur des épreuves de longue durée...

Je vais enchainer 15 cyclosportives, 5 randonnées cyclos et 1 Brevet des Randonneurs Mondiaux (BRM). Toutes ces épreuves sont comprises entre 180 et 330km.

J'essuie un échec cuisant sur le Tour du Mont Blanc cyclosportive (abandon au bout de 216km sur les 330 que compte l'épreuve) ce qui me permet de découvrir une de mes limites : la patience...

Mais de belles références comme Liège-Bastogne-Liège (276km - 4600m de dénivelé) ou une très belle 4ème place aux 24h du Mans vélo en duo avec mon pote Hugues viennent redorer le tableau de cette saison.

La saison se termine sur un très beau chrono de 1h31'11" aux 20km de Paris et une 2ème place au temps compensé lors de la Gentleman de Vincennes avec ma partenaire Thérésa...

En conclusion, cette saison 2013 est positive et j'ai beaucoup appris sur moi.

J'ai aussi eu la confirmation de belles rencontres et amitiés avec les copains comme Hugues et Marie, Laurent L, Laurent G, Isa B-F et JF son mari, Didier L, Pierre G, Patrick F et les copains d'EcoCyclo avec lesquels les weekends cyclosportifs n'ont pas que le vélo comme intérêt mais aussi la relation, l'échange et le partage...

Le temps de la réflexion

La saison terminée, le temps de la réflexion sur les objectifs 2014 vient tout naturellement à l'esprit...

Je sais déjà que l'année 2015 sera consacré à mon objectif ultime : Paris-Brest-Paris...
Depuis les aventures d'Isa B-F et de Laulau G que j'avais suivie avec grand intérêt sur cette épreuve en 2011, je me suis fixé cet objectif.

Il faut donc que 2014 soit une année de transition importante sur ce type de distance.
En regardant les épreuves du type 600 km au programme de la saison 2014, je tombe sur Bordeaux-Paris, le Raid Extrême Vosgien et le Raid Provence Extrême qui reprend du service...

J'écarte rapidement Bordeaux-Paris car je l'ai déjà faite en 2006 et je n'y vois pas forcément une valeur ajoutée d'y participer à nouveau. Je souhaite aussi basculer vers des épreuves type ULTRA...
Le REV ne se déroule pas sur une période où je suis disponible...

Mon objectif sera donc le Raid Provence Extrême 2014 dans la catégorie ULTRA...

En quelques chiffres, le RPE c'est 620 km et 11000m de dénivelé au départ de Bédoin avec une ascension du Mont Ventoux, un passage par les gorges du Verdon, la Montagne de Lure, la région d'Apt et une arrivée à Saint Rémy de Provence...

Cette épreuve se déroulera les 7 et 8 Juin 2014...

L'organisation

Les épreuves de type ULTRA sont particulières avec un règlement spécifique : c'est une épreuve où le coureur roule en mode solo... Pas de peloton autorisé...
L'avantage si je peux dire est qu'il faut un véhicule d'assistance qui suit en permanence le coureur...

Dès que j'ai pensé assistance, j'ai pensé à mon ami de toujours...
Celui avec lequel j'ai commencé le vélo en peloton cyclo...
Celui avec lequel j'ai fait mon premier 200...
Celui avec lequel j'ai fait ma première course UFOLEP...
Celui avec lequel j'ai fait mon premier Ventoux...
Celui avec lequel j'ai fait Bordeaux-Paris...

10 ans de vélo ensemble en cette année 2013 avec mon ami Gérard Boivin...

Nous en parlons un soir tous les deux et, tout naturellement, Gérard me propose d'être mon chef d'équipe d'assistance...

La réunion de lancement de notre aventure

Nous décidons donc de nous voir pour en parler...

Alors quoi de mieux que d'en parler autour d'une table lors d'un repas convivial regroupant nos 2 familles ???

Et bien voilà qui a été fait en ce Dimanche 24 Novembre 2013...

Gérard sera mon chef d'assistance...

Pour le moment, nous n'avons pas encore le nom du 2ème assistant (oui, il en faut 2 pour conduire 24h/24)... Nous cherchons...

L'objectif RPE 2014 est donc lancé...

Le lancement de l'objectif RPE 2014 avec Gérard, mon chef d'assistance... Toujours dans une bonne ambiance...
Le lancement de l'objectif RPE 2014 avec Gérard, mon chef d'assistance... Toujours dans une bonne ambiance...

Le lancement de l'objectif RPE 2014 avec Gérard, mon chef d'assistance... Toujours dans une bonne ambiance...

Sur ce blog, dans la catégorie "Vélo : Objectif RPE 2014", je posterai des articles sur ma préparation, mes sensations mais aussi sur la préparation de l'assistance...

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Histoire de Grand Paradis... Part 6 : Vendredi 22 Juillet 2011 - L'ascension du Grand Paradis - L'ascension finale et le retour

23 Novembre 2013 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Montagne : Le Grand Paradis

Vendredi 22 Juillet :

Le réveil sonne à 3h du matin comme prévu hier soir… Et, comme à chaque fois que j’ai une échéance particulière et même si le l’heure est inhabituelle, je me lève sans problème de fatigue.

J’échange quelques mots avec Takeshi en m’habillant… Nous descendons dans la salle du réfectoire pour prendre notre petit-déjeuner.

Nos guides sont déjà là et je me rends compte que nous sommes les premières cordées debout. Denis me dit que c’est pour mieux profiter de l’ascension et que nous aurons plus de temps à passer au sommet plutôt. Il y a peu de place là-haut et on ne peut pas forcément y rester longtemps.

Le petit-déjeuner est bon et consistant… Du café à volonté, du pain, du beurre, du miel, de la confiture. Bref, tout ce qu’il faut pour faire une ascension dans de bonnes conditions physiques…

4h15, je suis prêt et je sors pour « sentir » la météo… Je dépose mon sac à dos sur la terrasse du refuge et je regarde le ciel. Il est étoilé, pas un seul nuage… Il n’y a pas de vent et il fait frais mais pas froid… A un tel point que Denis me conseille de ne pas me couvrir autant que je le suis.

J’écoute son conseil et retire mon gore-tex et mon polaire. Je garde sur moi ma veste en strech et mon maillot anti-transpirant… Des gants légers pour éviter une blessure en cas de chute, le bonnet et la lampe frontale car, bien sûr, il fait nuit noire…

Denis me dit : « Ca semble être bon pour aujourd’hui… Si tout va bien, on est au sommet dans 4h ou 5h… »

4h30, comme prévu, nous nous mettons en route. Nous ne sommes pas encordés pour la marche d’approche. C’est un chemin à l’identique de celui de veille et il n’y a pas de risque particulier… Je me cale dans le rythme de Denis alors que Takeshi prends son rythme habituel : plus lent mais tout aussi efficace… La frontale éclaire les cailloux, rochers et autres obstacles qui jalonne ce chemin.

Je me retourne de temps en temps pour voir où en est Takeshi. Cela me permet de voir le refuge s’éloigner… Il est la seule lumière moderne dans ce monde de rocaille et de glace… Au détour d’un chemin, le refuge disparaît définitivement de notre regard…

Puis nous quittons ce chemin et nous traversons la moraine qui annonce le début du glacier du Grand Paradis… Nous atteignons enfin le glacier. Nous sommes à environ 3100m d’altitude…

Il est temps de nous équiper et nous encorder… Je me couvre un peu plus car, il va commencer à faire bien plus froid. C’est l’effet glacier…

Je mets mon pantalon et ma veste gore-tex… Mes crampons sont fixés et mon baudrier est parfaitement serré… Takeshi est prêt aussi…

Denis nous encorde… Il sera en tête, Takeshi suivra et je suis en dernier… C’est la cordée qui ira au sommet…

Les premières pentes du glacier sont douces… Puis, au bout, d’une centaine de mètres de marche, cela s’accentue. Nous marchons lentement…

Passés cette première partie raide, Denis se retourne et nous montre : « Il est là les gars… Le Grand Paradis !!! »

Nous ne l’avions pas encore vu depuis le début de l’ascension… Cette fois, il est réel… Les premières lueurs du matin ne nous permettent pas encore de le voir entièrement mais nous pouvons distinguer cette masse nous surplombant… Il semble proche et loin à la fois… Environ 600m à la verticale au dessus de nous… Dans quelques heures, nous devrions être au sommet…

La lampe frontale est maintenant éteinte et rangée car le jour se lève…

Sur notre droite en montant, s’offre à nous un spectacle de toute beauté : Le massif du Mont Blanc est illuminé par les premiers rayons du soleil transformant les sommets enneigés en autant de torches orangées… Toutes ces pointes ainsi illuminées sur un fond d’un bleu profond…

Ce sera probablement l’une des plus belles images de montagne que j’aurais pu voir dans ma vie…

3600m d’altitude… Nous faisons une petite pause… un morceau de chocolat, une barre de céréales et surtout boire et encore boire… Ne jamais oublier…

Nous en profitons pour admirer les séracs du glacier sur notre gauche en montant… Quasiment derrière nous, Le Mont Blanc et tout son massif…

Devant nous, le Grand Paradis que nous voyons bien maintenant avec son sommet rocheux…

« Il faut nous mettre en route pour éviter trop de foule au sommet » nous lance Denis…

J’échange quelques mots avec Takeshi. Tout semble bien aller pour lui.

Depuis le départ du refuge, l’ambiance a changé : Les longues discussions avec Denis et Takeshi on fait place à la concentration, au recueillement… Aujourd’hui, aucun d’entre nous n’a envie de parler… Nous vivons de l’intérieur notre dernière étape vers le sommet… Même moi qui suis particulièrement bavard en presque tout circonstance, je n’ai aucune envie de parler… Je suis dans ma bulle, mon autre monde... Admirant ces paysages, sentant mon corps réagir à l’altitude, pensant à tout ou à rien, parfois une petite musique dans la tête… Ce sont des sensations extraordinaires qui ne donnent pas envie de parler à ce moment-là…

Nous nous remettons en route…

3800m d’altitude : La pente s’accentue à nouveau… Nous attaquons la dernière pente avant la partie rocheuse du sommet… Alors que précédemment nous étions sur les pourcentages moyens de 25 à 30%, cette fois-ci nous arrivons sur un mur de 180m de hauteur à un peu plus de 60% de pente…

Nous gravissons les derniers mètres en toute tranquillité… Nous savons que ce sont les dernières marches avant le sommet. Nous n’aurons aucun mal à les franchir…

La dernière arête rocheuse se présente enfin à nous. Cette arête dont tout le monde parle lorsqu’on aborde le sujet du Grand Paradis… Il s’agit d’un passage d’une dizaine de mètre sur l’arête rocheuse…

C’est un franchissement pour lequel nous sommes toujours encordés et assurés par des pitons fixés dans la roche. Le risque est donc minime mais il faut tout de même le franchir pour atteindre le sommet…

Denis franchit l’arête tel un jeune cabri… Il place les points d’accroche.

Takeshi s’engage à son tour et je le suis avec la corde toujours tendue. Je ne suis pas du tout rassuré et, après quelques hésitations, je réussis à franchir ce passage…

Il reste 2 ou 3 pas à effectuer avant le sommet…

Le sommet est une sorte de plateforme rocheuse…

NOUS Y SOMMES !!!!! il est 8h30 environ….

Nous sommes enfin au GRAND PARADIS….. 4061m d’altitude !!! Le plus haut sommet 100% italien !!!

Et elle est là… Elle nous attend : La Madone du Grand Paradis…

« Il faut toucher la Madone… Elle vous portera bonheur… », nous dit Denis avec un large sourire…

Alors nous touchons et retouchons la Madone… De larges sourires illuminent nos visages cachés derrière nos lunettes de glacier, nos bonnets et nos gore-tex remontés jusqu’en haut…

L’émotion est intense… Aucune pensée particulière à ce moment… L’envie que cette émotion dure éternellement car c’est un bien-être hallucinant, une zen attitude incroyable…

Vu d’ici le monde est tellement magnifique….

Aujourd’hui, le Grand Paradis a voulu de nous… Lui et sa Madone nous ont accueillis à leurs côtés… Pas un nuage, Pas un souffle de vent…

Le spectacle est superbe, à couper le souffle…

Nous pouvons voir Le Mont Blanc et toute la chaine des Alpes depuis la Suisse et en passant par la France et L’Italie… Puis, nous tournant de l’autre côté, nous voyons la fin du Massif du Grand Paradis, la plaine du Pô et la ville de Turin… Nous pouvons voir à des kilomètres et des kilomètres…

Je prends quelques photos mais cette sensation d’être là-haut… libre… cela ne peut pas ressortir sur quelques photos…

Il porte bien son nom : Le Grand Paradis… Gran Paradiso…

Aujourd’hui, je suis au Paradis…..

Malheureusement, nous ne pouvons pas rester plus longtemps car les autres cordées veulent aussi pouvoir profiter de ce bonheur furtif… Nous devons entamer notre descente après avoir à nouveau touché la Madone…

L’arête est à nouveau franchie par l’autre face pour ne pas gêner les cordées qui montent…

La descente du glacier, toujours encordés, est rapidement avalée…

Nous faisons un arrêt à 3700m d’altitude pour nous poser quelques minutes… Des cordées qui montent vers le Grand Paradis nous croisent : Un « Bonjour », « Hello », « Bonjourno », « Hola » ou juste un signe de tête mais toujours ce regard, cette envie d’aller plus haut, le voir, la voir, fouler son sommet, la toucher… La Grand Paradis et sa Madone…

Nous reprenons notre descente. Je me retourne parfois pour jeter un regard vers ce superbe sommet…

Puis, vers 3400m d’altitude, il disparaît tout comme il m’était apparu tôt ce matin…

Es-tu un rêve ? Une réalité ?

Nous arrivons au bout du glacier… nous nous désencordons et retirons les vêtements chaud afin d’être plus à l’aise sur les chemins rocailleux de la descente vers le refuge Vittore Emmanuelle II.

Encore quelques centaines de mètres sur la partie finale du glacier, les dernières épaisseurs de glace, le bruit de l’eau qui coule du glacier pour former ce ruisseau qui va alimenter la petite retenue d’eau du refuge et continuer pour devenir torrent, rivière, fleuve…Cette source de vie qui tend à disparaître…

Nous retrouvons le chemin qui nous ramène vers le refuge… Chacun prend son rythme de descente. Denis en premier avec son allure que je connais bien maintenant. J’emboite son pas et Takeshi prend le sien tranquillement. Ce chemin est tortueux et, au détour d’un rocher, le refuge apparaît au loin, brillant… Ce premier signe de l’Homme depuis notre départ cette nuit…

« Déjà le retour » me dis-je… J’en suis presque déçu… Ce moment de bonheur intense fut si court…

Les dernières centaines de mètres qui nous séparent du refuge sont rapidement couverts… Nos compagnons sont déjà arrivés… Plus jeunes et plus véloces, ils sont redescendus bien plus rapidement que nous… Nous nous félicitons tous… Congratulations, rires, sourires… un moment de bonheur entre passionnés… Nous sommes d’origines différentes et, là, nous sommes heureux au même moment pour la même raison. C’est fantastique…

Nous nous restaurons sur la terrasse ensoleillée du refuge… une bière bien fraiche, un coca, nos sandwiches… tout est bon, gouteux car nous sommes heureux… Malgré la fatigue accumulée de ces derniers jours, nous avons tous le sourire…

Par moment, le regard et les pensées se perdent… Où sont-ils ??? Là-haut à plus de 4000m d’altitude… Dans ce ciel magnifique…

Nous repartons finalement de cette belle terrasse pour rejoindre notre point de départ où nous avons laissé la camionnette…

La descente parait longue mais comme me dit Denis : « Un 4000 ca se mérite ! »

Nous sommes tous ensemble pour cette descente. C’est groupés que nous arrivons sur la parking…

Cette fois-ci, tout le monde est dans le même rythme… Cela nous donne l’impression de n’être qu’un seul… Nous sommes tous arrivés au sommet et c’est ensemble que nous rejoignons notre point de départ…

Le parking, la camionnette… Les sacs sont rapidement chargés dans le coffre du véhicule et nous repartons tout aussi rapidement…

Durant la route du retour à Chamonix, personne ne parle… Certains dorment…

Je regarde les sommets… La montagne… Cette montagne que j’aime tant… Cette montagne que je vais quitter dans 2 jours pour n’y retourner que cet hiver, en Décembre probablement…

Nous franchissons le tunnel du Mont Blanc et arrivons sur le parking où nous avions retrouvé nos 6 compagnons d’aventure. Les sacs sont déchargés et nous nous saluons chaleureusement… une poignée de main, des tapes sur l’épaule, nos regards embrumés et brillants de fatigue et d’émotion…

Puis vient le moment de descendre sur Chamonix avec Denis et Takeshi… Denis gare la camionnette sur le parking réservé à la compagnie des Guides…

Les « au revoir » sont aussi intenses que fut cette aventure de 5 jours… Les poignées de main et congratulations sont longues et chargées d’émotion… Takeshi est heureux… Il repart dès demain au Japon… Un vrai passionné car il est venu du Japon pour faire le Mont Blanc.

Il repart sans l’avoir fait mais il est heureux…

Nous nous séparons après de longues minutes de discussion, de regards, d’émotion… Cela fait partie de l’aventure…

Pour ma part, je rejoins ma famille venue m’attendre à Chamonix… Nous allons rendre le matériel de location : chaussures et crampons…

Puis, après une pause en terrasse d’une petite brasserie pour un rafraichissement bien mérité avant de reprendre le cours de ma vie…

Conclusion:

Pour changer, je vais être bref pour conclure cette magnifique aventure…

La montagne a montré au cours de cette semaine son pire côté emportant avec elle ces alpinistes puis son côté le plus beau en acceptant de nous recevoir au sommet du Grand Paradis…

L’émotion, le plaisir, le partage, l’entraide, l’honnêteté furent les maitre-mots de cette aventure qui, au-delà de l’aspect sportif, m’ont permis de vivre ma passion et une partie de mes rêves…

IL VAUT MIEUX TENTER DE VIVRE SES RÊVES PLUTÔT QUE RÊVER SA VIE…

Au sommet du Grand Paradis, j’ai formulé un vœu :

QUE VOUS VIVIEZ TOUS UN JOUR L’INTENSITE D’UN BONHEUR COMME CELUI QUE J’AI VECU…

Je ne parle plus de montagne, ni de sport mais simplement de bonheur…

Forza à vous tous…..

Lolo The Sensitive Warrior…

Le départ du refuge...
Le départ du refuge...Le départ du refuge...Le départ du refuge...

Le départ du refuge...

L'ascension vers le Grand Paradis...
L'ascension vers le Grand Paradis...
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L'ascension vers le Grand Paradis...
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L'ascension vers le Grand Paradis...

Le sommet est atteint... Que du Bonheur !!!
Le sommet est atteint... Que du Bonheur !!!
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Le sommet est atteint... Que du Bonheur !!!

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La descente... Le retour à la civilisation avec des images plein la tête...
La descente... Le retour à la civilisation avec des images plein la tête...
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Histoire de Grand Paradis... Part 5 : Jeudi 21 Juillet 2011 - L'ascension du Grand Paradis - La montée au refuge...

23 Novembre 2013 , Rédigé par Laurent Bruynooghe Publié dans #Montagne : Le Grand Paradis

Jeudi 21 Juillet :

La nuit fut encore très bonne malgré l’excitation de ce nouvel objectif : Le Grand Paradis et ses 4061m. « Oh ça ne vaut pas les 4807m du Mont Blanc !», allez-vous dire. Peut-être, certainement mais c’est une belle ascension. Le Gran Paradiso est le plus haut sommet 100% Italien et fait partie des sommets prisés par les alpinistes.

Et puis cette arête finale, ce passage délicat à passer… Je me rappelle d’un reportage à la télévision où on y voyait les cordées dans ce passage. Je me dis que j’y serai bien assez tôt et il faudra bien le passer à mon tour…

Ce matin, je me lève un peu plus tard que d’habitude car mon train est à 8h30. Et puis mes affaires sont prêtes, comme toujours…

Je prends un gros petit déjeuner car je pars un peu dans l’inconnu : Comment sera l’ascension vers le refuge ? Je sais que nous aurons un peu plus de 700m de dénivelé positif mais je n’en sais pas plus.

Il faut donc être prêt physiquement et ça, je le suis. Je ne veux pas risquer de coup de fringale et malgré le ravitaillement que j’emporte avec moi, je me restaure bien ce matin…

Je m’habille et procède à une revue de mon sac à dos… Vêtements, crampons, casque, piolet, bâtons, lampe frontale pour le départ du lendemain, la trousse de secours et mon ravitaillement. Je n’oublie pas mon appareil photo, mon compteur GPS et mon téléphone…

Vient l’heure du départ… toute la petite famille est réveillée et je dis au revoir à tout le monde. Je n’oublie pas les conseils d’usage aux enfants en leur demandant d’être gentils avec leur maman durant mon absence. Je leur dis que j’essaierai de donner des nouvelles…

J’aurais tant aimé leur passer un coup de téléphone depuis le sommet du Mont Blanc (parait-il que ca fonctionne) et leur dire juste « Bonjour depuis le toit de l’Europe… ». Ca sera pour une prochaine fois… En Italie, je ne sais pas si ce sera possible…

Je pars prendre mon train à la gare de Vallorcine. La météo est encore mauvaise : Il fait assez frais, les nuages sont très bas et le vent souffle toujours. Cela ne présage pas d’une belle météo sur les sommets. Je me surprends à penser que je ne regrette pas de ne pas faire de départ au Mont Blanc ce matin. Et puis, j’essaie de me rassurer en me remémorant ce que m’a dit Denis hier au téléphone sur le fait qu’il fasse souvent un meilleur temps en Italie lorsque c’est très mauvais côté France.

J’arrive à la gare de Chamonix. Il me faut environ 5minutes de marche à bonne allure pour me rendre à la maison des Guides de Chamonix. Ce matin, je prends mon temps. Il est 9h15 et j’ai rendez-vous à 9h45.

Je flâne… Je regarde les vitrines des boutiques… Je cherche du regard les sommets des alentours mais ils sont désespérément masqués par les nuages. Je prends mon temps…

Arrivé à la maison des guides, je me mets un peu à l’abri car il pleut.

Alors que j’attendais patiemment, j’entends un « Bonjour » juste derrière moi… C’est l’un des stagiaires du 1er jour à la Mer de Glace qui avait abandonné parce que c’était trop difficile.

Nous discutons quelques instants. Il me dit qu’il a beaucoup pensé à nous durant ce début de semaine avec la météo que nous avons eu. Je lui explique un peu nos péripéties et il me dit ne rien regretter de son abandon car il n’aurait pas tenu avec une météo pareille.

Nous parlons du Grand Paradis…

Malheureusement, nous devons nous séparer rapidement car Takeshi arrive ainsi que Denis…

Une rencontre éphémère comme on peut en rencontrer lorsqu’on vit une même passion… Le même type de rencontre lorsque je suis en vélo seul et que je monte un col de montagne : Un regard échangé, quelques mots et, parfois, plus… une conversation au détour d’un arrêt au sommet d’un col. Ces rencontres qui font aimer les échanges car sans arrière-pensée, sans intéressement quelconque… De belles rencontres…

Je pars donc avec Takeshi et Denis vers la camionnette des guides de Chamonix. Les sacs à dos sont rapidement posés à l’arrière puis nous montons et partons… Direction l’entrée du tunnel du Mont Blanc.

En effet, le rendez-vous est fixé avec les autres cordées sur le parking à l’entrée du tunnel. Il nous faut peu de temps pour y arriver depuis le centre ville de Chamonix.

Arrivés sur le parking, tout le monde est déjà là et nous attend. Nous nous saluons et discutons un peu car nous ne nous sommes pas vus depuis le premier jour sur la Mer de Glace. Nous chargeons tout le matériel à l’arrière de la camionnette : Les sacs à dos de chacun et le ravitaillement pour le repas des deux midis, aujourd’hui et demain. Tout le reste se fera au refuge.

Nous nous engouffrons dans la camionnette. Nous sommes donc 9 personnes : 3 guides et 6 stagiaires. Parmi les stagiaires, je retrouve mes amis belges et les 2 étudiants.

Denis laisse le volant à un autre guide et nous voilà partis en direction du tunnel. Nous franchissons le péage et nous entrons dans ce tunnel mythique… 11611 mètres de longueur… Les premières véhicules touristiques l’ont franchi le 19 Juillet 1965 et les premiers camions, le 20 Octobre de la même année… L’intérieur est parfaitement bien éclairé afin d’éviter les coups de stress ou de claustrophobie. La vitesse est limitée à 70km/h et tout le monde semble bien respecter cette consigne. Beaucoup de camions le franchissent en plus des nombreux touristes à cette époque de l’année.

Je ne me souviens même pas la dernière fois que j’ai pris le tunnel… J’étais enfant et c’était avec mes parents. Alors comme des enfants, nous regardons… Nous questionnons les guides… Eux sont habitués car ils le prennent souvent.

C’est une ambiance particulière dans la camionnette… Nous ne parlons pas très fort. C’est probablement l’effet « tunnel ».

Il ne reste aucune trace de ce fameux et triste accident du 24 Mars 1999 où un camion rempli de farine et de margarine a pris feu dans le tunnel emprisonnant et tuant nombre d’automobilistes. La chaleur et les fumées ont empêché les secours d’intervenir. Suite à cet accident, le tunnel est resté fermé près de 3 ans afin de réparer la voute qui avait été très fortement endommagée. Des travaux de sécurité ont aussi été fait afin de permettre aux personnes de s’abriter et d’évacuer en cas de danger. Le tunnel réouvrit le 9 Mars 2002 (sources : wikipédia).

Enfin, nous entrevoyons un rayon de lumière… La fin du tunnel est proche maintenant, Près de 10 minutes de traversée, nous avons l’impression que c’est une éternité dans cette situation.

La sortie du tunnel et… Miracle… il y a un grand soleil… Ce soleil que nous n’avons pas vu depuis plus d’une semaine côté français est là en Italie… Un beau ciel bleu avec quelques nuages alors que 15 minutes plus tôt, nous étions sous la pluie et la grisaille !!!

Cela présage d’une belle ascension et c’est bien le principal.

Il nous faut près d’une heure et demie pour nous rendre au point de départ depuis Chamonix. Passés le tunnel, nous prenons une partie d’autoroute puis, avant Aoste, les petites routes de montagne pour nous rendre dans la commune de Valsavenreche où se trouve l’un des points de départ des voix d’accès au Grand Paradis.

La route est très tortueuse et les paysages sont très escarpés. J’ai l’impression qu’ils le sont bien plus que du côté français. Ceci est probablement dû au fait que les routes sont bien plus pentues du côté italien.

Cela me fait penser à Olivier Valla (coureur au TC Morangis) et ces nombreuses sorties en vélo depuis qu’il est à Turin. Je me remémore aussi certaines étapes dantesques du Giro (Tour d’Italie) où l’on voit certains coureurs debout sur les pédales et à la limite de poser le pied à terre tellement certaines pentes sont raides.

Plus nous avançons, plus la route s’élève et laisse découvrir des sommets tout autour de nous, nous sommes assez silencieux et chacun d’entre nous regarde, admire ou contemple ces paysages tandis que nos guides se racontent… des histoires de guides…

Nous arrivons enfin au bout de la route. Cette route se termine en parking avec un restaurant d’altitude. Nous sommes à Colonia Terre, tout au bout de la route à près de 2000m d’altitude.

Nous nous arrêtons quelques centaines de mètres avant le parking où s’entassent plusieurs dizaines de voitures de randonneurs, marcheurs et autres alpinistes. Nous trouvons un endroit au calme pour faire notre pique-nique avant le départ.

Installés sur un rocher au soleil, les sacs à dos posés, nous dégustons nos sandwiches, notre fromage, nos fruits et notre chocolat sans oublier de bien boire. C’est extrêmement important de boire régulièrement en montagne car, contrairement à une faible altitude, on se déshydrate sans s’en rendre compte à cause de la fraicheur ambiante. Lorsqu’on a soif, il est déjà trop tard…

Le lieu où nous sommes est superbe : La route se termine ici… dans une sorte de cirque entouré de sommets de près de 3000m d’altitude. Se mélangent rochers, conifères et cascades dans une harmonie naturelle des plus magnifiques. Un ciel bleu presque parfait surplombe ce paysage au milieu duquel nous nous trouvons.

Notre repas terminé, nous nous rendons sur le parking afin d’y laisser la camionnette jusqu’à demain.

Le parking s’est vidé et il ne reste plus beaucoup de voitures. Certains vont prendre un café avant de se préparer pour le départ. Personnellement, je préfère rester dehors, préparer mes affaires, prendre quelques photos, admirer et respirer ce paysage…

Tout le monde est enfin prêt. Il est 13h25 en ce Jeudi 21 Juillet et notre aventure commence enfin…

L’objectif de cette première journée est assez court. Nous nous rendons au refuge Vittore Emmanuelle II situé à environ 2700m d’altitude pour y dormir.

Pour ces 700m de dénivelé, il nous est annoncé environ 2h d’ascension.

Le premier km nous permet de nous chauffer tranquillement car il est assez plat. Nous passons un petit pont puis à droite, le long d’un petit torrent, en direction de la forêt.

Nous entrons ensuite dans la forêt et les choses sérieuses commencent. La pente s’accentue brutalement sur ce chemin rocailleux. Nous ne sommes pas encordés car c’est un chemin de randonnée et il n’y a aucun risque. D’ailleurs, nous y croisons des personnes de tous horizons et motivations. Il y a des alpinistes qui redescendent de la haute-montagne, des randonneurs venus découvrir la beauté de ce lieu, des familles avec leurs enfants venus pique-niquer au grand air. Des personnes de toutes origines et âges… Un « bonjour » par ici, « bonjourno » par là ou encore « hello » nous montre que beaucoup de nationalités différentes sont représentées.

Lorsque la pente s’accentue, le « bonjour » se transforme parfois en un signe de tête montrant l’état physique de la personne ou du groupe que l’on croise.

Dans notre groupe, chacun prend son rythme. Les deux jeunes étudiants prennent une cadence plutôt élevée. Pour ma part, je me retrouve assez rapidement seul derrière eux et devant les autres. Les guides montent ensemble en discutant… toujours leurs histoires de guide… Les deux belges sont ensemble et Takeshi, mon compagnon japonais reste derrière dans son propre rythme.

Je prends mon rythme et entre dans ma bulle… J’admire le paysage et je m’arrête parfois pour prendre quelques photos. Il faut rester tout de même concentrer sur le chemin car il n’est pas facile par endroit. La montée est très irrégulière et composée de marches, de cailloux, de terre et de rochers sans oublier les nombreuses racines dans la partie forestière.

Plus nous montons, moins nous croisons de monde. Je bois régulièrement sans avoir besoin de m’arrêter. En effet, j’ai placé ma gourde au fond de mon sac le long de mon dos afin d’éviter que l’eau ne gèle lorsqu’il fera froid et, à la place du bouchon standard, j’y ai installé un tuyau comme un Camelback. Le tuyau ressort du sac par le haut à arrière et passe au dessus de mon épaule gauche. Lorsque je ne l’utilise pas, il est placé dans mon blouson afin que le bout ne gèle pas non plus.

Quand je veux boire, il me suffit de le prendre, retirer l’embout protecteur, dévisser d’un quart de tour et d’aspirer… Après avoir bu, je souffle un peu pour repousser l’eau restée dans le tuyau, je revisse d’un quart de tour, je remets l’embout et je remets le tuyau dans mon blouson.

Je bois très régulièrement par petites gorgées et je ne m’imagine pas m’arrêter tous quarts d’heure pour boire.

Il fait chaud avec ce soleil et toutes les affaires sont dans le sac à dos. Je suis juste couvert d’un maillot anti-transpirant à manches longues. Plus nous montons en altitude, plus nous sentons le vent et la fraicheur. Surtout, il faudra se couvrir en arrivant au refuge…

Je reste dans ma bulle et monte tranquillement… Les pas s’enchainent…

Enfin, au détour d’un virage du sentier, il est là… Brillant de mille feux… Sa forme de demi-tonneau… Il brille tellement que cela donne l’impression qu’il est chromé…Seul… Placé ici au milieu de nulle part… Le Refuge Vittore Emmanuelle II…

Au bout d’un petit lac probablement alimenté par l’un des glaciers des alentours.

Nous sommes à 2700m d’altitude et il fait presque froid malgré le soleil. La terrasse du refuge est en plein vent. Je me couvre un peu…

Nous entrons dans le refuge et je constate que nous sommes dans un 4* par rapport à celui du dôme du Gouter dans lequel j’avais dormi en 2009…

La clef de la chambre prise, nous montons avec Takeshi afin de nous poser quelques minutes. Je découvre une chambre avec 2 lits superposés (donc 4 couchages) qui n’a absolument rien à voir avec ce dortoir géant du refuge du Gouter où tout le monde est aligné sur la même planche comme des sardines en train d’attendre leur mise en boite…

Les murs sont en lambris et une petite fenêtre nous offre une vue sur les montagnes environnantes. La nuit sera certainement bonne dans ces conditions…

Takeshi souhaite se reposer un peu. Alors je décide de descendre et rejoindre mes autres compagnons d’aventure… Nous nous mettons en terrasse afin de profiter du soleil sans oublier de prendre la spécialité de ce refuge : La Grande Biera… Une bière italienne qui rendrait fou tous les amateurs de bonne bière tellement elle n’a le gout… de rien… Elle est très peu alcoolisée et, du coup, rafraichit bien…

Et puis, l’objectif de ce breuvage est surtout de passer un moment convivial car, finalement, nous n’avons pas trop eu de temps de papoter durant notre ascension.

Nous avons mis un peu moins de 2h pour atteindre le refuge et comme nous sommes arrivés parmi les derniers de la journée, nous faisons partis du 2ème service du repas du soir : nous dinerons donc à 20h.

Denis me dit que c’est un peu tard pour se lever demain matin à 3h du matin et qu’il ne faudra pas trop trainer durant le repas…

Je remonte dans la chambre pour aller me reposer un peu aussi. Takeshi dort profondément. Je m’allonge quelques minutes après avoir mis mon téléphone à sonner pour ne pas rater le repas.

Le réveil sonne… Il est 19h30 et je me suis finalement endormi comme une masse…

Je me lève doucement… Takeshi est encore en train de dormir. Je le réveille doucement.

« Hey… Takeshi… Wake up… We have to go to eat in few minutes… »

« Ok… no problem… ok… »

Je descends et il me rejoint ensuite…

Nous sommes installés par l’un des responsables du refuge. Nous sommes les 3 cordées ensembles.

Pour n’avoir que peu d’expérience en refuge, je ne peux comparer qu’avec le refuge du Gouter et là encore, le repas n’a absolument rien à voir : Ici c’est une vrai repas…

Tout d’abord, on nous demande si nous souhaitons des pasta ou un minestrone… Je me dis alors que je vais plutôt manger des pâtes car le minestrone en seul repas risque de ne pas me caler jusqu’à demain.

Sauf que je me suis totalement trompé… Ce n’est que l’entrée… Et oui, les pâtes ou le minestrone n’est que l’entrée d’un repas où nous sortirons repus… une bonne assiette de pâtes ou minestrone suivie d’un très beau morceau de poulet avec des épinards (une très belle part aussi) et le choix entre une part de tarte ou un crème caramel. Personnellement, je choisis la crème. Le tout arrosé d’un verre de vin et de l’eau venue de la montagne (filtrée bien sûr…). Le pain est à volonté ce qui est très loin d’être le cas partout…

Nous discutons avec les guides… C’est un vrai moment convivial d’échange… Chacun parle de ses expériences, un peu de sa vie, etc…

C’est assez particulier comme impression car nous sommes, à ce moment-là, à des années lumières de notre réalité quotidienne tout en parlant tout de même de nos vies…

Je crois que c’est pour évacuer certaines tension qu’il pourrait y avoir par rapport au lendemain et l’ascension finale…

Finalement, à quoi pouvons-nous nous raccrocher lorsque nous sommes dans l’inconnu ? A ce que nous connaissons…

Nous parlons forcément des bonnes choses, de ces belles histoires, de ces expériences parfois drôles, mais rarement dans ces conditions-là de nos mauvaises ou tristes expériences… Elles sont loin et enterrées…

Ce soir, je suis sur autre planète sans toutefois oublier celle dont je viens…

La planète dont je viens m’a fait comme je suis aujourd’hui et même si cela ne me plait pas, je dois faire avec… Je ne dois donc jamais oublier d’où je viens… ne serait-ce par respect pour ma planète…

Et lorsque je vois toutes ces personnes autour de la table en train de discuter, de rigoler, bref, d’échanger, toutes ces personnes qui viennent chacun d’une planète différente avec pour destination ce soir la même planète, je me dis que j’aime ça… Je ne regrette en rien mon choix : Celui de venir ici par passion pour la montagne… cette passion qui me fait rencontrer des gens que je n’aurais probablement jamais croisés sur ma planète…

Nous ne pensons plus à demain et ce réveil bien avant les aurores… Je voudrais que le temps ralentisse pour pouvoir rester encore ainsi à échanger…

J’ai dit un jour à quelqu’un : « Je voudrais avoir la télécommande pour arrêter le temps… ». Ce soir, je voudrais cette télécommande pour le ralentir un peu et profiter de ce moment encore et encore…

Mon japonais, Takeshi, est le premier à lever le camp pour aller dormir. J’ai compris qu’il a besoin de beaucoup de sommeil.

J’aurais aimé ralentir ce temps pour qu’il puisse encore en profiter…

Mais l’horloge tourne… inexorablement…

Il est maintenant temps que j’aille me reposer aussi… 21h30 et le réveil est prévu pour 3h du matin avec le petit déjeuner à partir de 3h30. Nous prévoyons de nous mettre en route à 4h30…

Je monte me coucher avec de belles pensées…

Demain devrait être une belle journée et un grand jour pour Le Gran Paradiso……..

Le point de départ à 2000m d'altitude...
Le point de départ à 2000m d'altitude...
Le point de départ à 2000m d'altitude...
Le point de départ à 2000m d'altitude...
Le point de départ à 2000m d'altitude...

Le point de départ à 2000m d'altitude...

Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)
Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)
Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)
Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)
Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)
Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)
Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)
Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)
Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)

Durant l'ascension vers le refuge Vittore Emmanuelle II (2735m)

Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...
Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...

Le refuge Vittore Emmanuelle II et la vue autour...

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